Ecriteau:
Je vous propose ici de tester cette condition qui me paraît indispensable à l’entente du spectateur et de l’artiste, c’est-à-dire la confiance mutuelle. L’artiste, de son côté, en dévoilant une partie de sa vie, en exposant des sentiments, se repose entièrement sur le jugement de son public. Le public, quant à lui, doit consentir à être guidé vers la compréhension totale de l’objet de sa rencontre avec l’œuvre.
L’accordement entre les deux parties n’est pas toujours évident. Le lien pourtant si logique avec l’art conceptuel est parfois rompu par l’aveuglément partiel du spectateur soit par le refus d’en recevoir les explications, soit par l’appréhension initiale de ne pas saisir le propos. L’artiste évolue en effet en parallèle, et, dans l’obscur climat dans lequel il lui arrive de s’installer, il élabore son expression selon ses propres conditions de vie, de travail.
Ainsi, l’artiste chemine sur une crête dominant deux zones distinctes : d’un côté, la beauté et ses conformismes et de l’autre une version tellement personnelle de représentation qu’elle s’en trouve difforme. Par exemple, une peinture d’apparence naïve pourrait passer pour médiocre sans son contexte technique, des références dans l’histoire de l’art ; ou encore, un monochrome agirait comme une provocation pour ceux qui ignorent les rapports du peintre au support ou sa filiation avec ses prédécesseurs … l’exécution technique peut porter une démarche générale ; pour son allure, se placer dans la continuité de l’œuvre unique de l’humanité.
Alors, les explications sont indispensables, ne serait-ce (en oubliant mes lignes précédentes) que pour s’informer que l’artiste ne se fout pas du spectateur. Mais loin de moi l’idée de me soustraire à l’esthétique car c’est encore elle qui nous réunit ici et qui me passionne. Seulement, de goûter au plaisir ne nous demande-t-il pas certaines conditions ? Et leurs recherche de se lier à une idée… Et, afin de mettre en forme une idée -spontanée ou mûrie- je choisis le recours à une mise en scène matérielle.
Le spectateur doit finalement faire preuve de patience envers une œuvre qui met parfois toute une vie à s’élever, il doit s’adapter à la méthode de communication choisi par l’artiste, entendre son moyen d’expression s’il est abouti… Bref, lui faire confiance durant le lapse d’intégration de son sujet d’attention, digérer un plat qui mettrait du temps à faire valoir ses saveurs.
Je vous invite donc, par soucis d’une meilleure compréhension entre nous, plus qu’une question sur mon travail, un acte. Expérimentant, pour la symbolique, de plonger la main à l’intérieur de l’urne présentée ici au milieu d’un laboratoire ethnologique en toc. En d’autres termes, de me faire confiance et de prouver celle que vous céderez aux artistes en général.
Eléments de l'nstallation:

1.Double idole en toc - 117x37x33cm - pvc/aluminium - 93x33x13cm - mousse polyurethane/aluminium

2. l'urne - 61x30x91cm - PVC/bois/peinture latérite
3. Habillage de l'urne - 37x45cm - Linogravure: encre de tatouage sur
carton.
4. Le jour d'une grande soirée - 61x32x38cm - PVC/bois/callebasse/barquettes/peinture.
5. Cher ami, la bête est en moi. A moins que ce ne soit l'inverse. 61x33x31cm - fourrure/moulage à la cire/bitume/bois/carton
vue d'ensemble: